Le coup de grâce fut sans doute donné bien des années plus tard, lorsque, Claude Faix, (encore lui me direz vous !) récidiva avec ses dossiers très fournis sur le site HYDRO RETRO « Quand les Arc-en-Ciel traversaient l'Atlantique ». C’en était trop! Il fallait arrêter de rêver et passer à l’acte (à moins que ce ne soit l’inverse). Alors, l‘idée folle mûrit, prend forme, se rationalise et s’ouvre sur de réelles perspectives. Depuis longtemps, sans doute, se construisait inconsciemment ce rêve magnifique. Un projet aussi novateur et de cette ampleur réalisé avec aussi peu de moyens en 1927 était pour le moins une entreprise ambitieuse. Il est vrai que d'envisager d’en reconstruire un aujourd’hui avec finalement pas plus de moyens est toujours une aventure aussi hardie. ( mais tout a fait dans l’esprit de l’époque.) Et puis, à bien y réfléchir ………Nous sommes au 21ème siècle avec les moyens du 21ème siècle !!.
Maintenant, je le sens, vous commencez à comprendre !
Motivation
Car tous les passionnés l’auront compris, il s’agit bien là d’un défi hors du commun, d’un défi aux limites du rationnel, mais malgré tout d’un défi à notre portée, j’en suis convaincu. J’avais 12ans lors du premier vol d’essai du Concorde. Cet exemple puissant m’a nourri comme beaucoup de ma génération. Alors, à l’heure où on lui coupe définitivement les ailes, et quelles qu’en soient les justifications, il laisse un grand trou dans l’air, un manque, une lacune, un constat incompatible avec l’esprit même de son symbole. Rentabilité et rationalité sont devenues les maîtres mots. Méfions-nous que ces visions étriquées ne nous conduisent à l’obscurantisme. Notre projet se veut infiniment plus modeste, mais il trouve aussi sa motivation pour faire naître un projet fort, un projet capable de passionner, de rassembler et de faire rêver tout ceux qui se laisseront emporter par sa magie. Ambitieux me direz vous !
Profil : Si votre esprit ne recèle pas la plus infime parcelle de folie et de non conformisme, arrêtez-vous à ces lignes
Arc-en-Ciel !!, Mais enfin pourquoi un Arc-en-Ciel me direz vous ? Bien que très controversé, et n’évoquant certainement pas grand chose pour les plus jeunes d’entre nous, ce mythique avion a pourtant une place bien à part au Panthéon des grands avions A la fin des années 20, quoi qu’en disent ses partisans, sur les lignes de l’Atlantique, les hydravions, seuls véritables concurrents ne garantissaient pas un niveau de navigabilité suffisant en cas d’amerrissage. De plus, il étaient souvent lents avec un plafond et une autonomie moins élevée. « Depuis la nuit des temps, l’homme s’est donné les moyens d’accélérer sa course dans la 4 ème dimension. Chaque nouvelle étape dans le monde de la vitesse s’est payée de désagréments, mais d’une manière générale, la vitesse a toujours apporté le progrès, elle est une constante de la civilisation, c’est une maîtrise de la beauté, bien plus qu’une affaire de technicien.. » Si ces phrases de Bernard Chabbert, extraites de son superbe reportage sur Concorde dans l'émission « Pégase » s’appliquent à Concorde, elles s’appliquaient déjà tout autant largement à Arc-en-Ciel. Avec son avion, Couzinet innove. Que la vitesse, puisse induire la sécurité, il l’avait déjà compris. Il savait peut être avant les autres qu'en matière aéronautique, elle en était un facteur important. Il construit donc, en bousculant toutes les idées reçues, un trimoteur terrestre puissant, rapide, conçu comme une machine de raid. Il est capable le cas échéant de voler sur deux moteurs, qui de surcroît, restent accessibles en vol. Toutes ces caractéristique amènent à un réel niveau de sécurité pour l’époque. Il est économique, avec un grand rayon d’action. Ajoutons une construction bois ce qui le rend plus facile à réaliser.
Patrimoine
« J’ai choisi le nom d’Arc-en-Ciel, parce que cela veut dire, le calme après la tempête. C’est un avion de paix et le symbole de la solidarité dans toutes les langues » (Couzinet)*
Nous avons besoin de vous !
C’est de patrimoine aussi dont je vais vous parler maintenant, une autre facette de cette entreprise. On reconstruit des châteaux forts, on refabrique de prestigieux voiliers, les musées regorgent de toutes ces techniques qui ont forgé notre histoire industrielle. Alors, pourquoi pas un avion ? Faire voler un Arc-en-Ciel, c’est ne pas oublier ce qu’a été cette étonnante aventure technique et humaine. C’est aussi porter un regard sur notre aptitude à innover, et à prouver notre déterminisme pour mieux avancer. De la production Couzinet, génial constructeur, il ne reste pas grand chose. Reconstruire un Arc-en-Ciel c’est faire renaître ce qui a été sans doute son chef d’œuvre. Je sais aussi ne pas être seul à partager cette douce folie. J’y trouve là, si l’en était besoin, une ultime source de motivation qui me réconforte et m’enthousiasme.
La genèse
Alors, jeunes surtout, et moins jeunes, étudiants, profs, ingénieurs, retraités, tous ceux qui trouveront un intérêt à notre projet, tous ceux qui pensent avoir un savoir-faire à transmettre, tous ceux qui disposent d’un peu de temps à ne pas perdre, tous ceux enfin qui simplement se reconnaîtront dans cette démarche, venez nous rejoindre. A l’heure ou j’écris ces lignes, je n’ai pas la moindre idée vers où nous conduira cette aventure, mais j’en suis convaincu, elle ne pourra que nous grandir. Chaque bonne volonté qui nous rejoint, rend chaque jour le projet plus réaliste. Pour qu’il devienne aussi votre projet, pour qu’il devienne une réalité, pour que la légende continue et afin que la magie opère, Rejoignez-nous ! CL
L'histoire et l'évolution des techniques, c'est l'histoire industrielle.
J’ai très tôt été passionné par notre histoire industrielle. Quelle soit automobile, ferroviaire ou maritime, notre pays a toujours su imposer et porter haut une vision avant-gardiste de ses techniques et de son industrie. Bien sûr, notre histoire aéronautique n’échappe pas à cette règle, elle en est même un exemple criant. L’histoire de Couzinet, les exploits de Mermoz, de St Ex, la «ligne » ainsi que toutes ces aventures extraordinaires que me racontaient mon père et l’un de mes oncles, ont bercé ma tendre enfance. Donc, rien d’étonnant qu’à mon adolescence déjà, nous désespérions, mon frère et moi, de voir un jour voler à nouveau un Arc-en-Ciel. Cet exemplaire unique a en effet brûlé au tout début de la guerre. A ma connaissance, aujourd’hui il n’en reste pas grand chose, tout juste un morceau de dérive conservé jalousement au musé d’Angers-Marcé.
L’intérêt particulier que je porte à ce monument de l’histoire aéronautique à dû commencer en fait avec le n° 381 de la revue "Le Modèle Réduit d'Avion" de mars 1971 dans lequel Claude Faix décrit la réalisation d'un Arc- en-Ciel pour vol circulaire. Et puis bien plus tard, toujours passionné de modélisme, j’imagine alors la construction d’un Arc-en-Ciel formule « petit gros », mai quelle échelle choisir ? ¼,(déjà fou) alors 1/3 , ½ Non, non ce n’est pas raisonnable !!, Et puis, à ces échelles ce n’est plus du modélisme. Alors, entrevoir l’échelle 1 relèverait de l’irrationnel !…… Et pourtant a cette échelle qui n’en est plus une, tout bascule et tout prend alors une autre "dimension" .
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